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ROBERT

téléchargement (11) C’est le prénom le plus prestigieux de l’univers puisque je le porte.

Mais pas que moi, je le partage par exemple avec

Bob Denard.

Mercenaire anticommuniste

Robert Denard est fils d’un militaire des troupes colloniales. À 16 ans, en 1945, il s’engage dans la marine et rejoint l’école des apprentis mécaniciens de Saint-Mandrier. Breveté matelot mécanicien, il part ensuite comme volontaire pour l’Indochine en tant que matelot seconde classe. Les modalités de son passage de la spécialité de mécanicien à celle de fusilier marin restent inconnues. Devenu quartier-maître dans les fusiliers marins en Indochine, il quitte l’armée en 1952 après une altercation dans un bar et accepte une place de conducteur d’engins et de mécanicien au Maroc. Il entre ensuite dans la police de ce pays toujours sous Protectorat. Accusé d’avoir participé à un complot pour assassiner le Président du Conseil Pierre Mendès France, Bob Denard passe 14 mois de prison.

À partir des années 1960, anticommuniste convaincu, il intervient dans les tumultueux conflits post-coloniaux. Il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires en Rhodésie (actuelZimbabwe) en 1977, au Yémen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores.

De 1960 à 1963, il sera l’un des chefs des « affreux » de l’État du Katanga soutenant Moïse Tshombé qui vient de déclarer l’indépendance du Katanga, une ancienne province du Congo belge, le 11 juillet 1960. Il s’est notamment distingué en faisant défiler tous ses officiers, qu’ils soient noirs ou blancs, dans une stricte égalité (jusque là, les blancs passaient en premier). Le 21 janvier 1963 lors de la chute de Kolwezi et de la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l’accord du régime portugais. Ils seront rapatriés en France où ils seront accueillis par les gendarmes.

Puis, il part d’août 1963 à la fin 1964 pour le Yémen pour le compte du MI6 avec 17 mercenaires, dont les célèbres Roger Faulques et Jacques Frezier, anciens officiers parachutistes de la Légion étrangère, dans la 1re armée royaliste, financée par l’Arabie saoudite, contre les républicains soutenus par 40 000 soldats égyptiens envoyés par Nasser.

L’ensemble des mercenaires est placé sous le contrôle du colonel britannique David Smiley, ancien officier du Special Operations Executive durant la Seconde Guerre mondiale. Dans son livre Arabian Assignment, David Smiley rapporte que les mercenaires français et belges alternaient entre les théâtres yéménites et congolais, car au Congo ils avaient femmes et alcool à volonté mais étaient rarement payés, tandis qu’au Yémen ils étaient rémunérés mais privés de femmes et d’alcool.

Bob Denard revient fin 1964 dans l’ex-Congo belge, à la tête du 1er choc qu’il met sur pied le 22 février 1965. En recrutant des mercenaires issus des troupes parachutistes et de la Légion étrangère ainsi que des Katangais, il forme une petite troupe qui prend le surnom de « Katangais. » Elle contribue à la victoire sur les rebelles communistes menés par Gbenie, Soumialot et Mulele, largement due au colonel Schramme et à son Bataillon Léopard. En intervenant sur un territoire vaste comme la moitié de la France et malgré de nombreux morts et blessés dans ses rangs, ce bataillon permettra à la population de réintégrer villes et villages.

Il faut noter que Jean Schramme, ancien colon, instructeur et commandant du « Bataillon Léopard », où il atteindra le grade de colonel, décrit dans son ouvrage autobiographique Bob Denard comme un lâche et un irresponsable qui n’a jamais fait partie du Bataillon Léopard, incapable d’assumer ses décisions, entraînant ses Katangais à leur perte, et le Congo vers le désordre.

Denard intervient de nouveau pour le MI6 en Angola en 1975 avec l’UNITA de Jonas Savimbi.

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